Pierre-Marie Leboullenger

    La richesse d’une existence provient pour une grande part des rencontres dont nous bénéficions - c’est bien connu. Mais j’ai bien le sentiment que nous sommes aussi les responsables, les architectes de notre vie.

J’ai eu le bonheur de naître au sein d’une famille aimante et qui m’a apporté ce dont j’avais besoin pour m’épanouir, c’est-à-dire amour, rigueur et sensibilité.
Depuis ce temps, ces valeurs m’ont accompagné dans mon éducation, dans ma vie professionnelle, au milieu de mes amis et de ma famille, dans mes goûts.

Tout ceci se révèle dans mon activité actuelle. Des événements se sont succédés, je dirai que la Vie s’est organisée autour de moi pour que je vive cette expérience dont j’avais essentiellement envie, et me voilà comblé.
J’aurais des dizaines de personnes à remercier ici puisqu’elles m’ont aidé à être ce que je suis et ce que je vis, ma famille, mes amis, mes anciens collègues, et moi-même tant qu‘à faire.Je me nomme Pierre-Marie Leboullenger. Autant vous l’avouer tout de suite, je ne suis pas tombé dans le vitrail quand j’étais petit, et je n’ai pas fait carrière dans les ateliers de maîtres verriers. Cette affaire est venue sur le tard, après avoir fait carrière, justement, dans le service public pendant vingt cinq ans. Sauter le pas est un exercice que je ne me suis décidé à réaliser qu’à la fin 2006.

Regarder ce que ma vie était devenue, tout remettre à plat, changer de profession, pourquoi pas ? Il paraît que cette attitude est courante à la moitié de sa vie. Somme toute alors, ce qui m’est arrivé n‘est pas très original. J’ai eu cinquante ans en 2008, et cette même année j’ai ouvert un atelier de vitrail, dans le bourg où j’habite, à Peyrehorade, dans le département des Landes.

Le demi-siècle qui suit s’annonce donc passionnant…

   

Je suis né à Rouen, où j’ai passé les vingt premières années de ma vie. Cette ville abrite de grandes surfaces de vitraux, malgré les nombreux dégâts occasionnés en 1940 et 1944. On n’y a que l’embarras du choix, du XIIIème au XXème siècle, dans les églises et les édifices publics. Les verrières y sont sublimes. Les vitraux sont certes bien jolis, et si mon professeur de dessin m’en a fait colorier quelques uns à l‘école, mon truc, c’était plutôt la musique, et accessoirement les maths, ce qui n’est pas incompatible.

Bref, après les études secondaires, les classes préparatoires aux grandes écoles, je quitte la Normandie pour l’Île-de-France, et me voilà ingénieur de la Ville de Paris deux mois après l’élection de François Mitterrand à la Présidence de la République.

Les activités d’un ingénieur territorial sont pour le moins variées et intenses, études, travaux, organisation, mais j’ai souvent eu tendance à pratiquer ce métier dans la douleur. J’ai sévi à Paris et en Aquitaine, à Arcachon et à Salies-de-Béarn… et encore à Paris, où j’ai eu l’occasion de passer devant un certain atelier de vitrail.

Et ce fut… le déclic !

Toutes les semaines, pendant près de deux ans, je passais deux heures revigorantes dans l’atelier de Pascal Sonnet, lequel m’a définitivement transmis le virus du vitrail. C’était devenu indispensable à mon équilibre. Outre le caractère fascinant de cet objet qui se transforme selon les lumières, l’attention absolue requise me procurait un bien fou en évacuant une bonne partie du stress que j’accumulais avec mon métier.

Pendant que je m’escrimais à monter mes premiers vitraux, je me suis plusieurs fois entendu dire : mais pourquoi ne ferais-je pas cela tout le temps ?

   

Et les circonstances m’ont bien aidé pour me permettre de croire que c’était parfaitement possible, tant sur le plan administratif que sur le plan matériel (et surtout dans ma tête). J’étais prêt à changer beaucoup de choses, avec en prime, le soutien moral de mes proches.

C’est ainsi qu’après avoir obtenu une disponibilité auprès de mon administration, j’ai suivi une formation professionnelle de plusieurs mois à l’atelier FIAT LUX d’Avignon, chez Monsieur Sonnet, grâce à qui j’ai reçu un savoir faire de qualité.

L’aventure continue à présent.

( à suivre )

 

Atelier d'Ulysse Vitrail